Luckson Padaud : l’hommage du monde de la culture


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Quarante ans après son entrée sur la scène musicale ivoirienne, Luckson Padaud va donner deux grands concerts pour marquer ses quatre décennies de musique. Un spectacle live VIP le 27 août au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire et un giga concert le 3 septembre sur l’esplanade du Palais de la culture d’Abidjan-Treichville.

Depuis son premier disque en 1982 et la chanson ‘’Kalgbeu’’ (qui signifie littéralement en bété, ‘‘ouvrez le village’’), Luckson Padaud a fait son entrée dans la musique ivoirienne. Une entrée triomphale sur une scène qu’il a animée depuis avec beaucoup de succès. En faisant la joie des mélomanes des générations qui se sont succédées.

Ce 40ème anniversaire de musique, organisé par la structure Minerv Africa de Franck Arthur Gbalou pour le précurseur du ‘‘Lala-Laba’’, comprend plusieurs activités. Outre les concerts du 27 août au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire et le 3 septembre au Palais de la culture, un panel a été animé le jeudi 28 juillet dernier à la Rotonde des arts d’Abidjan-Plateau. Des spécialistes contemporains ont dévoilé les axes fondateurs du succès et de la longévité professionnelle de Luckson Padaud.

Autour du thème général ‘’Luckson Padaud, l’homme, sa musique et sa discographie’’, les panélistes ont exposé la carrière et la dimension humaine de l’artiste.
« Padaud est humble. Pendant longtemps, il a été un grand admirateur d’Ernesto Djédjé, son cousin. Pour devenir un artiste complet, il a appris à jouer de la guitare. Ce qui lui facilite la composition des chansons », explique Djabo Steck, historien musicologue, producteur et ancien batteur d’Ernesto Djédjé.

Pour l’écrivain Hervé Gobou, qui a consacré un livre à Padaud, « Luckson mérite d’être immortalité. C’est un être sociable qui aime son prochain ». Dans son ouvrage ‘’Séhia Luckson Padaud, une vie de musique’’ et sous-titré ‘’Le Gbêkazoukou de Tahiraguhé’’, il révèle la force de l’auteur de ‘’Téléphone’’. « Gbêkazoukou est une chenille poilue. Elle est difficile à vaincre. Ce qui révèle l’invincibilité et la puissance de l’artiste. Cela lui permet de traverser le temps et l’espace », déclare Hervé Gobou, maître en histoire contemporaine.

Les qualités humaines de Luckson Padaud ont également été soulignées par l’animateur John Jay, modérateur du panel ainsi que par le producteur et ancien PCA du Burida, Sylvain Séry. Le premier a révélé que Padaud n’a jamais mis son cachet en avant pour un spectacle. « Padaud a le sens du devoir et de la responsabilité envers ses concitoyens ». Et le second a indiqué avoir travaillé pendant longtemps sans moyen avec le chanteur. Leur collaboration était basée sur la confiance.

Djabo Steck révèlera par ailleurs que « Séhia Luckson Padaud était l’ami de tous les ziglibithiens que nous étions. Son premier album a la coloration du Ziglibithy. Mais après la mort de Djédjé, il n’a pas voulu se mêler à la bataille des héritiers. Il a donc dit qu’il fait du Laba-laba, la danse du canard. Même si la base rythmique est restée Ziglibithy. Mais la polémique interviendra quand il a voulu faire l’ouverture en initiant le concept Ziglibithy-Makossa à son 3e album».

A l’époque, le Makossa avait pignon sur rue dans les discothèques d’Abidjan. « Padaud a fait ce métissage musical pour que dans les night-clubs, on passe le Ziglibithy avec la rythmique makossa », précise l’ancien PCA du Burida. Mais, selon Hervé Gobou, son biographe, « Padaud est toujours resté lui-même malgré les influences en préservant le patrimoine culturel bété. Il a su moderniser le patrimoine bété sans le dénaturer. Dans sa musique, on voit que l’artiste est ouvert au zouk et au slow. »

Et l’écrivain va encore plus loin. « Il y a une profondeur dans les textes de Padaud où il parle des questions fondamentales et existentielles de la société. La chanson de Padaud interroge notre communauté de valeurs : l’amitié et la générosité qu’il loue. Et la sorcellerie, la jalousie et la mesquinerie qu’il combat », dit-il.

Après 40 ans de scène avec 21 albums au compteur, soit un ratio impressionnant d’un disque tous les deux ans, on est usé ou on stagne. Pour l’ensemble des panélistes de l’œuvre de Luckson Padaud, il lui faut un nouveau souffle pour conquérir de nouveaux publics. « Luckson Padaud est l’un des artistes tradi-modernes ivoiriens les plus outillés. Qu’il se fasse arranger par d’autres techniciens. Il serait aussi bénéfique pour lui qu’il monte à nouveau son orchestre les Frères Séhia », propose Sylvain Sery.

O. A. Kader

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