Déclarés persona non grata, des militaires français en souffrance au Burkina Faso


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Pour les troupes françaises déployées au Sahel, le danger ne se trouve pas seulement derrière les dunes de sables ou sur les pistes des vastes étendues désertiques. Même le bitume de paisibles villes peuvent représenter un obstacle. C’est l’amère expérience que vivent depuis quelques jours des soldats français sur le sol burkinabè. Leur convoi composé d’une soixantaine de véhicules avait quitté la Côte d’Ivoire pour le Niger… Mais quel long voyage ! Acculés de toute part, les militaires français ne savent plus où mettre le nez. Même le chemin du retour est parsemé d’embuches !

Que de péripéties pour ce qui s’apparentait à une banale mission de routine. Car il n’est pas rare de voir ce genre de colonnes traverser les villes sous les regards curieux des passants. Cette fois, les choses ne se sont pas passées comme prévu.

Bloqué une première fois à Bobo-Dioulasso le 16 novembre 2021 par des manifestants, la colonne sera à nouveau arrêtée le lendemain à Boulmiougou à l’entrée de Ouagadougou. Chaque fois, les véhicules, après des heures d’arrêt, réussiront à se frayer un passage après l’intervention des forces de l’ordre burkinabè, soit à coups de gaz lacrymogène, soit suite à des négociations.

Après la capitale, la prochaine grande ville qui se dressait sur le chemin du convoi était Kaya, à une centaine de kilomètres. Là, l’attendait un comité d’accueil bien décidé à renvoyer les véhicules français vers là où ils étaient venus. D’ailleurs, en passant par où même, puisqu’acculés de toute part ?

L’ultime intervention du gouverneur Casimir Séguéda
Il faut croire qu’à Kaya, ville qui accueille un grand nombre de déplacés internes, le sentiment anti-français a atteint un haut degré. Les manifestants verront leur nombre s’accroître au fil des jours et des nuits, obligeant, même un temps, les militaires hexagonaux à replier dans un parking à l’entrée de la ville.

La situation a failli dégénérer dans la journée du samedi 20 novembre lorsqu’ils ont été obligés de procéder à des tirs de sommation. Trois blessés seront enregistrés dans la confusion sans que l’on ne sache réellement si c’est par balles.

Les autorités administratives, coutumières et religieuses qui ont entrepris des médiations dès les premières heures de ce énième blocage n’ont longtemps pas réussi à faire entendre raison aux croquants. Il aura fallu attendre une ultime intervention du gouverneur de la région du Centre-Nord, Casimir Séguéda, pour desserrer l’étau autour du « camp retranché » français. Selon certaines informations, le convoi a finalement quitté dans la nuit du 20 au 21 novembre Kaya en direction de Ouagadougou.

Jusque dans la soirée du 20 novembre 2021, la position de la colonne n’était pas encore connue, ni quelle suite sera réservée à cette mission. En tout cas, les spéculations allaient bon train et des barricades étaient érigées à d’autres endroits de la Capitale burkinabè et même à Fada N’Gourma où pourrait passer le convoi.

Coupure suspecte de la connexion mobile…
Certains observateurs parient que d’une manière ou d’une autre, et quel que soit le temps mis, le matériel du convoi arrivera à destination. Mais pour les « anti-français », le coup d’éclat aura été une réussite, et a permis d’attirer l’attention une fois de plus sur la présence militaire française au Sahel, de plus en plus contestée.

Du Mali au Niger en passant par le Burkina Faso, les populations, parfois à travers des manifestations montrent leur hostilité à cette présence. Beaucoup estiment inutile ce dispositif français au Sahel avec la recrudescence des attaques terroristes ou pensent carrément que c’est Paris qui alimente le terrorisme dans la zone.

Mais au-delà de s’en prendre à la France, les manifestants devraient d’abord demander des comptes à leurs gouvernants. Qui a autorisé cette présence française et qui a signé les accords aujourd’hui décriés ?

Pour le cas burkinabè, l’on peut d’ailleurs s’étonner du silence de l’Exécutif qui jusqu’au dimanche 21 novembre n’avait pas communiqué sur la question, se contentant la veille d’envoyer le gouverneur seul « au front » à Kaya.

Relation de cause à effet ou pas, au moment où le convoi français s’apprêtait à replier, la connexion mobile a été coupée au Burkina Faso et n’était toujours pas rétablie le dimanche 21 novembre en début de soirée…

Burkina24.com

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